Chansons de conscrits malheureux
Les trois conscrits
Nous sommes trois camarades,
Tous les trois jeunes conscrits ;
Le préfet il nous demande
Et le capitaine aussi
Avant de quitter nos belles
Il nous faudra divertir.
Entrons donc sans plus attendre
Dans ce joli cabaret,
De nos charmantes maîtresses
Qu'il nous faut abandonner.
Buvons à pleine rasade
De ce vin rouge et clairet.
L'hôtesse étendit la nappe
En disant : « Que voulez-vous ?
Apportez-nous sur la table
Un bon membre de mouton,
Et aussi du vin pour boire,
Pour faire une collation. »
Adieu, cher père-z-et mère,
Et aussi tous nos parents,
A nos sœurs et à nos frères :
Nous allons au régiment.
Au retour de nos campagnes
Nous serons bien plus contents.
La maîtresse du plus jeune,
Elle se mit à pleurer.
Lui disant d'une voix tendre :
« Cher amant que ferai-je ?
Si tu t'en vas à l'armée,
Je vais mourir de chagrin.
Adieu, chère et bonne mie,
Ne te chagrine donc pas.
Ne te prends pas à folie
De (penser) à vos amants.
Au retour de nos campagnes
Je serai ton cher amant. »
Qui a fait cette chansonnette ?
N'en sont trois jolis garçons.
Ils l'ont faite et l'on chantée,
En revenant du Piémont,
En passant par la grand'rue,
En changeant de garnison.
La mort du porte-enseigne
Le vingt-cinq du mois d'avril,
Soldats de guerre, il faut partir
Il faut partir, soldats de guerre ;
Il faut partir pour l'Angleterre.
Au premier coup d'canon tiré :
« Y a-t-il point de nos gens blessés ?
Oh oui ! oh oui, mon capitaine,
C'est notre joli porte enseigne.
O porte enseigne, mon ami,
N'as-tu pas regret de mourir ?
Tout le regret que j'ai au monde,
C'est de mourir sans voir ma blonde.
Ta blonde, on l'enverra chercher
Par quatre de nos grenadiers,
Par quatre grenadiers de guerre :
Traverseront la mer entière ».
De tant loin qu'il la voit venir,
Son tendre cœur s'est réjoui.
« Réjouis-toi pas tant, ma blonde,
Car ma blessure est trop profonde.
J'engagerai mes diamants ;
J'engagerai mon jupon blanc,
Mon anneau d'or et ma ceinture,
Amant, pour guérir ta blessure.
Mie, n'engage rien pour moi :
Je suis au service du roi ;
N'engage rien pour moi au monde,
Car ma blessure est trop profonde.
Avant qu'il soit demain midi,
Tu me verras ensevelir ;
Tu me verras porter en terre
Par quatre grenadiers de guerre. »
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Article ajouté le 2008-04-30 , consulté 55 fois
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